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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 23:28

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Episode 5 : L’Ardèche sur un nuage

 

Ah l’Ardèche !!! Un grand moment du rallye d’après ce que j’ai lu et entendu.

Nous sommes reboostés à bloc par ce retour inespéré dans la course et nous serrant à nouveau la main, nous nous entendons dire mon copilote et moi-même : « Attention  Ardèche,  nous voilà !!! »

Depuis 24heures, j’ai peu dormi, mais je ne ressens plus aucune fatigue, porté par l’euphorie retrouvée.

 

Départ de Valence sans difficultés pour atteindre le départ le la mythique ZR Le Moulinon / Antraigues.

Il fait beau, la route est sèche et nous avons le couteau entre les dents pour engager notre remontée dans le classement.

Au départ, nous retrouvons notre assistance avec un grand plaisir. Leur joie de poursuivre eux aussi l’aventure avec nous me remplit de bonheur.

Bernard, lui aussi bien présent me donne les quelques subtilités de cette ZR. Rien de difficile, juste un carrefour à ne pas louper en fond de vallée.

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30 secondes ….. 15 ….. 10….. 5, 4, 3, 2, 1 GO !

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Je me mets pied au plancher jusqu’à trouver la bonne vitesse. La route est étroite entre les rocher et des murets, mais elle est belle et je pourrais même dire … captivante, attirante. Comme il n’y a pas de piège sur le tracé lui-même, Jocelyn peut se concentré sur le tripmaster et le cadenseur.

« moins  10 mètres….. OK……….OK………..OK ….. plus 10mètres………OK…….OK…….OK…… ». Je tiens bien la moyenne à la grande satisfaction de mon copilote qui me dit même. « Mais tu pilotes plus …. Tu voles !!! ». Je ne vole peut-être pas, mais je me sens vraiment des ailes et nous avalons cette ZR avec un plaisir immense.

 

Nous sommes tellement à l’aise et heureux que nous rejoignons la ZR suivante comme si la première n’était pas finie.

Direction Burzet !

Un autre grand moment du rallye que cette longue ZR qui s’avère même quelque peu « ennuyeuse » sur les hauteurs. En fait, je crois que c’est une ZR faite pour la neige, aujourd’hui totalement absente !

Mais qu’à cela ne tienne, nous nous amusons quand-même beaucoup et rejoignons le CH de Saint-Agrève avec une demi-heure d’avance.

Enfin un CH où nous allons pouvoir faire une vraie pause !

Toute l’équipe est là !

Lionel se penche tout de suite sur le changement de l’ampoule de phare. Il a même révisé la veille sur Internet le schéma électrique d’une MGA (car lui possède une B) et le principe de démontage du phare. Quelle conscience ! ça c’est vraiment de la super méga assistance !!!!!

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Pendant ce temps, Patrick refait le plein d’essence, Marie-Claire nous fournit en sandwiches et boissons que nous prenons le temps enfin d’apprécier.

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Mais une inquiétude apparaît soudain. La jante arrière droite est maculée d’huile dont la provenance nous laisse très interrogateurs.

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Chacun réfléchit et y va de son hypothèse. Celle d’une fuite de liquide de frein est vite écartée car le niveau n’a absolument pas bougé et je ne ressens rien de spécial dans le freinage. Ça semble être de l’huile moteur. Nous concluons finalement sur le fait que j’ai dû rouler dans une flaque d’huile sur le parking.

Mais par mesure de sécurité, Patrick décide de bien nettoyer la jante pour que nous puissions refaire une vérification à Tournon.

 

Nous voilà donc repartis pour la 2ème partie de l’Ardèche, celle que j’ai reconnue il y a 10 jours.

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Il y a un soleil splendide et nous devrions faire les 2 dernières ZR de jour, ou presque, ce qui change pas mal de choses.

Saint-Bonnet-le Froid ! Le temps n’a rien à voir avec celui 10 jours auparavant où je l’avais faite sous la neige, presque de nuit et dans la burle (ce vent du nord qui vous glace avant même de vous atteindre). Il y a beaucoup de spectateurs au départ et nous nous frayons un chemin jusqu’au portique de départ.

J’ai le tracé parfaitement en tête et je dis à mon copilote qu’il se concentre essentiellement sur le cadenseur et la moyenne, en m’annonçant les quelques notes que j’avais prises sur le parcours.

Nous partons donc en toute confiance, mais avec toujours une certaine tension.

Certes, le fait de connaître le tracé change la donne, mais tenir la moyenne n’en est pas plus facile.

Enfin, nous nous en sortons à priori très bien, la principale difficulté résident dans le soleil couchant qui par endroit nous aveugle pas mal.

Saint-Bonnet le Froid est donc avalé sans problème et nous ne perdons pas une seconde pour rejoindre Lalouvesc, départ de la dernière ZR de la journée.

Le jour faiblit peu à peu, mais ce n’est pas encore la nuit.

Cette ZR démarre également sur les chapeaux de roues.

La Dauphine qui nous précédait ne semble pas à l’aise, à moins qu’elle n’ait quelques problèmes mécaniques.

Je dois absolument la doubler avant la grosse difficulté de cette ZR : une épingle extrêmement serrée pour prendre une toute petite route. Heureusement que je l’avais repérée avant. Je prends donc mon virage en serrant fort à droite et j’arrive à passer en une seule fois ce qui, je crois ne sera pas le cas de bon nombre de concurrents. Surtout avec d’imposantes voitures.

La remontée vers le col du Buisson se fait à la nuit presque tombée, sur une route assez tortueuse. Mais je suis toujours au taquet et j’y monte avec le même entrain que dans les 2 premières ZR du rallye, attaquant chaque épingle à fond. Je crois que si je n’avais pas eu le tracé en tête, je n’aurais certainement pas attaqué autant.

Nous passons le col et filons jusqu’à Pailharès. Là, toujours grâce à ma connaissance du tracé, je prends sans difficulté la route partant à 90 droite tout de suite après l’entrée du village, sans que mon copilote ait besoin de me l’annoncer. Il s’en trouve même agréablement surpris.

Ah si nous avions eu la même connaissance des lieux lorsque nous avons tourné autour du Saix la veille !!!

Nous finissons cette ZR enchanté, mais la journée n’est pas finie. Tournon est encore loin et l’ACM nous a concocté une liaison bien corsée, avec un CP au milieu bien sûr.

Mais comme pour la ZR, je l’ai bien en tête. Et heureusement car nous en avons vu pas mal au ralenti, cherchant parfois leur chemin.

« Chacun son tour ! » s’exclamera mon copilote.

Mais quand on connait bien son chemin, il ne faut surtout pas rester derrière des concurrents car le fait de les voir chercher peut très vite vous remettre le doute dans la tête.

J’en double dons plusieurs pour filer rapidement sur Tournon où nous arrivons avec une bonne ½ heure d’avance.

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L’assistance nous y attend à nouveau avec notre ami Jean-Pierre qui a finalement bravé sa grippe du départ pour venir nous voir et passer la soirée avec nous.

Comme il n’est pas trop tard, nous décidons donc en effet de tous nous retrouver à Valence pour un bon diner ensemble.

Cette perspective nous ravit !

Tandis que la MGA est entre les mains de mon assistance, je parcours à pied le parking pour faire baisser la tension de la journée et je m’aperçois alors que l’équipe de commissaires du CH est la même que celle de la veille à Saint-Nazaire, celle qui nous avait attendu. Je me précipite donc pour les saluer et les remercier car grâce à eux nous sommes toujours en course.

Mais mon plus grand bonheur est de voir avec eux le jeune handicapé à qui j’avais serré la main avec beaucoup d’émotion la veille au soir. Je me précipite vers lui pour lui dire combien je suis heureux d’être là, un peu grâce à lui aussi. Son père lui explique que je suis le n°313 qu’il avait attendu hier soir. Je fouille dans mes poches pour retrouver le dernier autocollant du rallye qui me reste et je le lui donne avec un immense plaisir.

Je lui referai un geste de la main lorsque nous passerons le CH. Il restera pour moi l’une des images les plus fortes de ce rallye.

 

Direction Valence où nous garons la voiture dans le parc fermé en essayant d’oublier où nous en étions la veille et ne pensons plus qu’à une chose. Le diner qui va nous permettre de manger à nouveau avec un couteau et une fourchette, chose que nous avions oublié depuis un sacré moment !

 

Cette agréable soirée nous permettra de retrouver calme et sérénité avant d’aborder LA journée du rallye.

 

Episode 6 : Objectif Monaco !

 

Les matins se suivent et ne se ressemblent pas … heureusement ! La veille à la même heure, nous étions passés du désespoir à l’euphorie.

Mais aujourd’hui est un autre jour, et quel jour. Le dernier, le plus long, … !

Nous partons vers 11h30 de Valence par la même route que la veille, avant de bifurquer plein Est, direction le col de Soubeyrand à une centaine de km de Valence.

Plus nous avançons, plus le froid se fait sentir et le paysage blanchit. Nous nous arrêtons rapidement dans une petite station service de village pour faire le plein complet. Une pauvre Austin Mini du Rallye est stationnée devant sans âme qui vive aux alentours ! Une panne sérieuse sans doute !

Après avoir changé de versant de montagne, nous passons du brouillard à un magnifique soleil qui nous laisse présager une belle ZR.

Nous atteignons le départ sans encombre et nous lançons pour cette longue, longue ZR de 66km.

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La première partie est coté Nord, donc assez difficile car la route est plus blanche que noire. Je reste donc sur mes gardes tout en tentant d’approcher au mieux la moyenne imposée. Tout se passe bien jusqu’au sommet, avant de redescendre sur le versant opposé, totalement ensoleillé et donc sec.

Mais là, j’entends un « Merde ! » qui me fait sursauter. Il y avait longtemps qu’on n’avait pas eu de problème !

Il semble qu’une des roues chiffrées du tripmaster ait eu quelques ratés et mon copilote, croyant bien faire, a immédiatement remis le compteur à 0. Malheureusement, il s’agit du compteur le plus important en ZR puisque c’est celui qu’on compare au cadenseur.

En clair, nous nous retrouvons aveugles quant à notre vitesse moyenne.

Pas de panique, mon copilote me rassure en m’expliquant qu’il a noté le chiffre de l’autre compteur au moment de l’incident et me demande quelques minutes pour refaire un point après quelques calculs. Je bloque donc mon compteur au plus prés de la vitesse imposée. Heureusement, la route est assez facile, sans virages serrés. Mais nous nous rapprochons assez prés du concurrent parti devant qui lui semble aussi tenir sa moyenne. L’un de nous deux n’est donc pas là où il devrait être …. !

Nous essayons de faire abstraction de sa présence, mais avons du mal à nous repositionner correctement. La calculette chauffe, le road-book se recouvre de notes, d’additions et de soustractions, mais je sens dans la voix de mon copilote  qu’il n’a pas une parfaite assurance de son pointage. Les km avancent sans que nous puissions savoir où nous en sommes.

C’est dommage car cette ZR nous semblait parfaitement acquise.

Enfin, nous en avons vu d’autres et nous ne nous déstabilisons pas. Voyant que le chronomètre va bientôt afficher 60 minutes, nous décidons de repartir de ce temps qui va nous donner la distance théorique que nous aurions du parcourir à la vitesse imposée de 47,7km/h.

Le calcul est bon et nous n’avons finalement pas trop de retard.

Mais la ZR est loin d’être finie et il nous faut trouver une solution durable.

Je fais un petit calcul de tête et indique à mon copilote qu’à la vitesse imposée, nous devons faire prés de 750m par minute. Je lui propose donc d’ajouter 750m toute les minutes à la distance que nous avons calculée à 60 minutes et de la comparer au tripmaster pour savoir comment nous nous situons.

Vous suivez toujours ???

Autant vous dire que dans cette ZR, ce n’est pas la voiture qui a chauffé, mais notre tête !

Enfin, nous arrivons tant bien que mal à la fin sans trop savoir ce que nous avons fait comme temps.

Mais ça ne nous perturbe pas. L’important est que tout le reste aille bien !

 

Nous filons donc tout de suite vers Château-Arnoux où nous attends notre assistance, au même endroit que lors de l’étape de concentration.

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Nous y arrivons parfaitement dans les temps et profitons du travail de l’assistance (essence, huile, pare-brise) pour manger un peu.

Mais là, un problème nous inquiète. L’huile aperçue sur la jante arrière gauche de la voiture, à Saint-Agrève, est réapparue. Ça nous turlupine sérieusement et tout d’un coup Lionel pense avoir trouvé l’origine : c’est le pont arrière qui fuit par le moyeu, sans doute à cause du joint spi !

Nous n’avons alors pas le choix. Impossible de prendre le risque de poursuivre sans vérifier car la voiture risquerait des problèmes beaucoup plus grave.

 

Manquait plus que ça. Je ne sais pas si c’est dû à l’intensité que nous avons vécue 36 heures avant, mais ce nouvel incident ne me perturbe pas outre mesure.

 

Par chance (il en faut aussi dans ce genre d’aventure), notre point d’assistance se situe juste à coté d’un garage Peugeot. Lionel y file à toute vitesse et tombe sur un garagiste super sympa qui nous propose d’utiliser son pont pour y monter la voiture.

Il ne faut pas perdre de temps. Jocelyn s’est replongé dans le calcul des temps et nous donne 20 minutes maxi si l’on veut être à l’heure au CH de la Turbie.

Je rentre la voiture dans l’atelier mais le pont à bras n’est pas adapté aux dimensions de la voiture. Grrrrrrrr ! Là le stress commence à monter ….

Nous devons la monter sur un autre pont adapté et le garage nous demande 2 minutes pour sortir le véhicule sur l’autre pont.

J’ai les yeux rivé sur le chronomètre … il nous reste 10 minutes sur l’heure que nous a donnée Jocelyn ….

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Bon la voiture monte enfin… Effectivement, il manque de l’huile dans le pont. Nous en remettons donc avec l’aide du garagiste, mais il nous précise qu’il n’en a pas rajouté tant que ça. Nous pouvons donc rouler, mais en surveillant quand même la chose.

Allez hop … considérons le problème résolu et en avant toute. Il est 15h10 et nous avons dépassé de 10 minutes notre heure limite de départ de Château-Arnoux. Autant dire que ça va être une nouvelle fois très très chaud pour pointer à l’heure à La Turbie, d’autant que nous avons encore une ZR et un dernier point d’assistance avant la grande nuit.

 

Mais j’ose dire que nous commençons à avoir l’habitude de ce genre de situation et je me mets une nouvelle fois au taquet pour rejoindre la ZR suivante. Une ZR courte, sans difficulté, au Col de Bleine.

La distance qui nous sépare de Carros, où nous attend l’assistance semble courte sur le papier (moins de 50 km), mais la route est assez tortueuse et nous devons traverser pas mal de village, dont celui de Carros. Je file à un rythme très élevé.

Voyant que nous allons être vraiment extrêmement justes, nous appelons notre assistance pour lui expliquer la situation et lui demander de trouver un emplacement directement sur notre route sans avoir de manœuvre à faire.

5 minutes après, elle nous rappelle pour nous indiquer le lieu : directement sur la bande d’arrêt d’urgence de le Nationale après le pont de Carros. Ils sont prêts pour un « arrêt au stand » ultra rapide. Voyant le temps s’écouler beaucoup plus vite que nous le voudrions, je m’engage dans une descente de Carros pied au plancher, toujours à la limite de la vitesse autorisée, maniant le klaxon et les appels de phare à tout va. Mon copilote est scotché à son siège, les yeux rivés sur le chrono.

Arrivé au point d’assistance, Patrick stoppe la circulation sur l’une des 2 voies de la nationale pour que je me gare sans risque. Nous ne bougeons pas de la voiture pendant qu’ils font le plein d’essence, je garde les mains sur le volant tandis que Jocelyn égrène à haute voix les minutes qu’il nous reste.

Tout le monde se met en travers de la nationale pour nous permettre de repartir ce que nous faisons dans un crissement de pneus.

Heureusement, nous allons avoir une bonne portion d’autoroute jusqu’à La Turbie et là, je crois que j’ai poussé la MGA au maximum, comme jamais je ne l’ai fait. Je m’entends même lui dire en pensées « tiens le coup on y est presque … ! »

Nous arrivons à la sortie de La Turbie. Encore 3 minutes pour pointer dans les temps … !

Qu’est ce qu’il fait chaud !!!!

Au rond point qui suit, impossible de savoir s’il faut prendre à gauche ou à droite. Je fais 3 fois le tour du rond-point à toute vitesse en suppliant mon copilote de me donner une info. Heureusement un autre concurrent s’engage dans l’une des 2 routes et nous lui emboitons donc le pas …. Encore 1 minute 30 ….. ! «  Mais putain il est où ce CH !!!! »  La tension est intense …

« ça y est, c’est là ! » Je distingue l’entrée du parking du CH. Je me mets alors en plein phares, avec même les antibrouillards, je plaque ma main sur le klaxonne, dis à Jocelyn d’enlever sa ceinture et de prendre le carton de pointage. Je traverse le parking heureusement sans trop de monde et je jette presque mon copilote au pied de la table de pointage. H-20 secondes ! OUF !!! On y est arrivé !

Ils e trouve que les commissaires présents sont les mêmes que ceux qui nous avaient attendus à Saint Nazaire. Cette nouvelle arrivée « catastrophe » du 313 les a donc fait bien rire.

 

Nous reprenons doucement nos esprits pour rejoindre le port de Monaco à petite allure et nous y pointons cette fois-ci calmement dans la minute.

 

Un immense soulagement nous envahit auquel s’ajoute la joie d’avoir atteint Monaco pour la seconde fois.

Même si je ne me sens pas particulièrement fatigué, il faut reprendre quelques forces avant l’ultime étape de LA GRANDE NUIT !

Nous filons donc rapidement vers notre hôtel. Pas n’importe lequel d’ailleurs puisque nous sommes logés à l’Hôtel de Paris dans une somptueuse chambre avec vue sur le Casino.

Mais nous devons garder les idées claires et ne pas nous laisser hypnotiser par le cadre.

 

Une bonne douche nous remet d’aplomb. La sagesse aurait voulu que je dorme une petite demi-heure, mais je n’ai pas du tout sommeil. Sans doute l’excitation d’être presque au bout et de faire cette étape mythique.

Je ne tiens d’ailleurs pas longtemps en place et même si nous avons encore largement le temps avant notre départ, je propose à mon copilote de rejoindre le port dés que possible.

 

 

 

Episode 7 : La nuit du Turini!

 

L’effervescence sur le port est très sympa. Les premiers concurrents ont commencé à partir toutes les 30 secondes. Nous avons encore une heure avant notre départ mais ça me permet d’aller saluer quelques concurrents que je n’ai pu encore voir du fait de mon numéro élevé. J’arrive notamment juste avant le départ de Bernard, dans sa Renault5 Alpine. Très sympa de pouvoir le saluer.

 

Je profite aussi de ce moment pour jeter un œil sur la jante arrière. Il n’y a pas plus d’huile que cet après-midi ce qui me rassure et me libère vraiment l’esprit.

 

Les départs s’enchainent rapidement et notre tour arrive vite.

Jocelyn a bien pris le temps d’étudier chacune des 3 ZR et les quelques endroits où il faudra faire attention.

Nous sommes prêts et chauds comme la braise.

 

C’est parti !

 

La traversée de Monaco, que j’avais bien repérée se fait facilement, avec  de fréquents flashes d’appareils photos qui crépitent.

Nous montons rapidement vers Sospel puis Le Moulinet ou le public s’est massé au départ.

La prudence aurait voulu que je lève le pied pour ces 3 dernières ZR, mais je n’y arrive pas et me lance dans la première avec la fougue du premier jour. Je retrouve un plaisir immense qui est même augmenté par la conduite nocturne. Le rythme est élevé et je dois même doubler la dauphine partie 30 secondes devant nous ainsi qu’une Fiat 500 partie 1 minute avant.

La route est souvent étroite et monte assez fort jusqu’au passage mythique et tant attendu … ……..

LE TURINI !

Du fait de notre moyenne à tenir, le passage du col ne dure que quelques secondes, mais ce sont des secondes magiques où la foule nous laisse juste la place de passer et où les flashes crépitent tellement que l’on se croirait au feu d’artifice du 14 juillet ! Extraordinaire !

Nous finissons la ZR au pas de course et le plaisir est si grand que je ne lève même pas le pied pour rejoindre la ZR suivant à Lantosque. Là, toute notre assistance est là pour nous voir passer.

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Nous avions décidé de ne faire aucune assistance ce qui leur a permis de se poster au départ de Lantosque de bonne heure et de voir passer tous les concurrents.

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Cette 2ème ZR se déroule au même rythme que la précédente, mais la voiture n’a pas assez de reprise (ou tout du moins une 2de et une 3ème trop longues pour voir tenir la moyenne. 2 concurrents nous doublent, mais le plaisir ne faiblit pas jusqu’à la fin.

 

La liaison jusqu’à l’ultime ZR est un peu plus longue et là, je crois que la fatigue commence à se faire ressentir. Je roule beaucoup plus doucement ce que me fait remarquer mon copilote.

Du coup, nous décidons de faire cette dernière ZR sans cadenseur. De toute façon, dans ce relief, nous avons toujours du retard.

Finement, nous avons bien fait. Le fameux VC7 qui monte jusqu’au col des Banquettes est sec, sans un gramme de neige. Du coup, ce n’est plus une route mais un vrai champ de mines. Je lève donc sérieusement le pied (tant pis pour la moyenne !) avec pour seul objectif d’éviter les trous et de ménager la voiture.

A Saint-Agnés, la fatigue nous fait louper la route à droite au carrefour (et ce n’est pourtant pas faute de l’avoir bien noté) mais rien de grave ? Juste une petite marche arrière devant les spectateurs qui ne semblent pas surpris (nous apprendrons par la suite que beaucoup ont fait comme nous).

Au moment où j’aperçois le panneau de fin de ZR, je pousse un énorme soupir de soulagement et disant à ma voiture : « allez ma belle, on rentre en douceur au bercail ! »

Et au passage du portique d’arrivée, à Monaco, c’est avec un immense bonheur que mon copilote et moi-même nous serrons la main et avant de m’arrêter je me penche en avant  pour embrasser mon tableau de bord.

 

« Ça y est … On l’a fait ….. jusqu’au bout !!! »

 

Je ne vais pas parler de Nirvana, mais je peux dire qu’à ce moment là le bonheur est absolument GIGANTESQUE, ENORME, SUBLIME …….

 

 

Epilogue :

 

Un détail important. Au moment de passer le portique d’arrivée, on nous a remis l’insigne de l’ACM que ne reçoive que ceux qui ont participé au Rallye et en sont arrivés au bout. C’est, croyez-moi, une grande fierté qui nous envahie à ce moment là.

 

Je ne peux terminer ce récit sans  citer tous ceux qui ont contribué de prés ou de loin à la réalisation de ce rêve un peu fou mais tellement fort et merveilleux.

Toute mon assistance qui a vraiment joué le jeu jusqu’au bout, dans les meilleurs comme dans les pires moments et qui je crois s’est finalement beaucoup amusée,

DSC3651 DxO (il manque Bernard sur la photo !)

Delphine, Alix et Elise qui ont été patientes et compréhensives car je les ai sacrément bassinées depuis des mois avec ce projet,

Mon copilote, Jocelyn, qui a accepté de partager cette aventure, sans trop savoir d’ailleurs où il mettait les pieds, pour ce qu’il a appelé « des vacances à la Philippe »

Mon cousin Marc dont les précédentes participations ont fait naître en mois ce rêve et qui, tout en restant à Reims, a été présent en permanence à nos cotés,

Tous ceux qui de prés ou de loin ont suivi notre aventure et nous ont soutenus avec une ferveur que nous n’imaginions même pas au moment du départ,

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Mais mon plus grand merci va à celle qui a eu le courage, la résistance et peut-être aussi l’inconscience, de m’emmener jusqu’au bout de ce rêve : ma MGA !

 

 

 

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