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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 14:01

 

 

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Et bien ça y est, nous l'avons fait .... jusqu'au bout !

Et oui, aprés 3700km, la MGA, son pilote et son copilote sont de retour au bercail sans la moindre petite rayure, mais avec une tête tellement pleine d'images, d'émotions, ...  qu'il nous falloir un certain temps pour redescendre sur terre.
Il y a des expériences qui, dans une vie, vous marquent à jamais, surtout quand vous y avez mis tout votre coeur.
Celle-ci en fait partie et elle a été d'autant plus forte et intense que nous avons découvert peu à peu qu'une ferveur s'était créée autour de notre aventure. Nos familles, nos amis, les amis de nos amis, .... bref, un monde fou s'est connecté régulièrement sur le site de l'ACM, sur le Forum MG, sur d'autres forums aussi (parfois même en permanence) pour avoir de nos nouvelles. C'est vraiment EXTRAORDINAIRE !

Voici donc les 4 premiers épisodes de cette aventure ......

 

 

Episode 1 : Reims, nous voilà !

 

Jeudi 27 janvier

Le premier challenge commence avec un casse-tête : faire rentrer toutes nos affaires dans la MG.

Nos sacs, nos chaussures, nos smokings, un bidon d’essence, un bidon d’huile ….

Et bien croyez-moi, on en met sacrément des choses dans cette voitures, même si nous devons utiliser la véronique qui s’avère très utile.

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Bref, une fois le casse-tête résolu, nous partons pour …. 3700 km.

Cette aventure, on m’en a beaucoup parlé, j’ai lu plein de choses dessus au point qu’on pourrait croire que l’on sait dans quoi nous nous embarquons. Mais heureusement que nous n’imaginons pas ce qui nous attend ….

 

Aiguille du compteur bloquée à 110, nous voilà en route pour Reims.

C’est avec un premier grand plaisir que nous retrouvons sur la route notre assistance avec Patrick, Lionel et Marie-Claire dans le Mitsu aux couleurs du Forum et du Tour du Mont-Blanc.

 Premier problème : les clignotants ne marchent plus et restent allumés en permanence. Pas de panique, j’ai une centrale de rechange et nous la remplacerons à Reims avant le contrôle technique.

 

Nous nous suivrons ainsi jusqu’à Reims ou nous arrivons en fin d’après-midi, dans un froid glacial, accueillis par mon cousin Olivier, venu en spectateur, et toute l’équipe du Team GB. Echange d’autocollants et des cadeaux de Jean-Pierre pour Tony ….. de beaux fromages de Savoie dont on se demande déjà comment ils vont réagir au rallye dans la MG ….. !

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Alain, notre Monsieur photos, Monsieur Média et Monsieur Météo nous rejoint également. L’équipe est presque au complet. Je dis presque car Jean-Pierre a déjà renoncé, anéanti par une grippe qui s’est déclarée dans la nuit chez Patrick et Bernard qui nous rejoindra à Annecy.

 

Je quitte mon assistance qui doit diner avec l’équipe anglaise pour rejoindre mon autre cousin, Marc, habitant Reims et fan du rallye avec plusieurs participations récentes à son actif. Pour lui, cette année sera sans le RMCH car il ne souhaitait pas partir de Glasgow ou Varsovie. Mais vous verrez par la suite qu’il va jouer un grand rôle pour nous.

Nous rentrons la MG dans son garage et nous préparons pour le diner d’accueil organisé par le Reims Champagne Véhicules Historiques où nous faisons connaissance avec plaisir de quelques participants.

 

Marc joue déjà les nounous en nous conseillant de rentrer de bonne heure pour dormir le plus possible car dés le lendemain, la course au sommeil commencera …

 

Nuit quelque peu agitée par l’excitation.

8h30, départ pour le centre des congrès où se déroulent les vérifications administratives et techniques.

 

Et là, premier stress ….. La MG ne veut pas démarrer. Ça commence bien !

Je sors la manivelle … Et 1 ….. et 2 … et 3 …. Je m’y reprends à 3 fois avant d’entendre le ronronnement du moteur. Autant dire que l’assistance va être mise à contribution tout de suite.

Nous partons vers le Centre où nous arrivons dans les premiers.

Là, je dois dire que l’accueil est assez glacial, à tout point de vue.  On nous installe dans un hall ouvert aux 4 vents, peu éclairés mais qu’à cela ne tienne, trop excités par l’évènement, je fais abstraction du froid et contacte immédiatement l’assistance pour voir ce pb de démarrage.

 

Tandis que je mets la voiture entre leurs mains, je pars aux vérifications administratives et je récupère tout le dossier  «concurrents » (autocollants, numéros, feuilles de routes, …. etc).

A mon retour à la voiture, le diagnostic est clair : la courroie d’alternateur est détendue. Il faut la retendre. Lionel et mon cousin Olivier s’attèle à la tache, tandis que Patrick s’occupe des clignotants.

Jocelyn, mon copilote est parti se mettre au chaud pour commencer son job et étudier tout les documents que l’on nous a remis et qui concernent le parcours.

Pendant ce temps, sous les projecteurs des caméras de France 3, je pare la voiture de ses autocollants. Allez coller de grands autocollants rectangulaires sur des surfaces courbes ….. toute une technique avec de l’Ajax vitres et une carte de crédit … Mais il me faudra bien 3/4h pour tout mettre en place.

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Ça y est, tout est prêt, la courroie retendue, les clignotants opérationnels et la MG parée de ses attributs de course. En avant pour les vérifications techniques.

 

C’est un moment particulier. Les contrôleurs ne rigolent pas et mon cœur bat déjà la chamade.

Mais quand le commissaire nous dit OK en collant l’autocollant signé, c’est un premier soulagement qui m’envahit et nous sortons la voiture sous les flashs des photographes agglutinés à la sortie du box de contrôle.

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Il est près de midi, nous garons la voiture dans le parc fermé et notre « nounou », mon cousin Marc, nous ramène chez lui pour un bon plat de pâtes  car il faut caler notre estomac pour la suite, et surtout une sieste « obligatoire » car la nuit va être longue, très longue … !

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Vers 15h, retour au parc fermé. Je démarre la voiture et là …… rien ! Encore un coup de stress qui me traverse, mais en réfléchissant, la voiture n’a pas roulé depuis que la courroie a été retendu, l’alternateur ne s’est pas rechargé assez. J’use encore de la manivelle et elle démarre sans broncher.

On n’est pas encore parti que j’en suis déjà à un coup de stress toutes les 2 heures …. Ça promet !!!

 

16h : Les services de police de la ville ont bloqué le parcours entre le centre des congrès et la place de l’hôtel de ville. C’est donc sous les sirènes que le convoi des concurrents rejoint l’hôtel de ville, comme un vrai convoi de chef d’état, grillant au passage les feux rouges et les stops.

C’’est ici je crois que nous commençons à rentrer dans un autre monde.

 

Peu à peu, la place de l’hôtel de ville se remplit de spectateurs. La nuit commence à tomber et nous apercevons  les projecteurs qui éclairent la rue menant de l’hôtel de ville à la place du forum ou se trouve le podium de départ.

 

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Nous profitons de quelques instants avant la réception à l’hôtel de ville pour retrouver toute l’équipe d’assistance, bien au chaud dans un café du coin.

2 ou 3 mises au point sur l’assistance de la nuit et nous repartons à l’hôtel de ville pour les discours de Madame la Maire, du Président de Reims Champagne Véhicules Historiques et du Vice-président de l’ACM. Les mots de ce dernier sont très forts lorsqu’il nous dit qu’il nous offre en cadeau d’anniversaire du Rallye les plus beaux et plus mythiques parcours qui ont fait la légende du rallye, en nous donnant rendez-vous à Monaco dans 3 jours …

 

Je vous livre à nouveau ici la petite anecdote avec Jean Ragnotti :

Après les discours, avant de rejoindre la voiture, je fais un petit passage aux toilettes ou arrive également Jean Ragnotti. Il y a du monde. Monsieur Jeannot se dirige alors vers le lavabo, fait mine d’ouvrir son pantalon et nous dit « merdre, j’suis trop p’tit pour ce lavabo ».

Avec un autre concurrent, nous lui répondons qu’il a oublié de mettre ses talons. Sa réponse fuse :

« pfff, m’en fous, même Jean Todt pourrait pas pisser dans ce lavabo ». Sacré Ragnotti ! C’est toujours la rigolade avec lui.

 

19h03 : les premières voitures s’élancent pour la grande aventure. Nous ne les voyons pas car nous sommes déjà dans notre voiture, prêts à nous engager dans la rue menant au podium.

Je suis rassuré car la voiture a redémarré sans aucun problème cette fois-ci.

L’avancée au ralenti dans cette avenue rectiligne est un moment d’une rare intensité. Le cœur bat à 150 pulsations, les spectateurs, massés derrière les barrières, applaudissent,  mitraillent avec leurs appareils photos, les flashs crépitent et les spots du podium se rapprochent lentement. C’est vraiment MAGIQUE !

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Çà y est, c’est notre tour. 25m avant le podium, une charmante jeune femme nous remet notre carton de pointage en nous souhaitant bonne route.

Avec mo copilote, Jocelyn, nous nous serrons la main et montons doucement sur le podium !

Le speaker, ami de mon cousin, évoque en 2 mots ses précédentes participations et souhaite à son tour bonne chance à la seule MGA du plateau, avec son N°313. Un numéro qui nous va parfaitement : en 1962, année de la voiture, il y eut 313 partants !

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5, 4, 3, 2, 1 … c’est parti !!!

 


 

 Episode 2 : La nuit de la concentration

 

La sortie de Reims ne nous pose aucun problème car mon cousin Marc nous l’avait fait faire en début d’après-midi pour que nous ne nous trompions pas.

C’est très sympa car aux ronds-points et aux feux rouges, des spectateurs résistants au froid glacial, nous applaudissent avec ferveur.

Nous quittons Reims pour ……. 20h de route.

Mon autre cousin Olivier, au volant de sa Golf GTI trentenaire nous emboite le pas pour quelques dizaines de km ce qui nous fait très plaisir.

 

Les km s’avalent à un bon rythme. Je conduis pendant 2 ou 3 heures puis nous alternerons à peu prés toutes les 1h30 avec mon copilote. Certes le confort de la MGA est un peu spartiate pour dormir, mais nous arrivons à somnoler de temps e, temps quelques minutes quand il n’y a pas de subtilité au road-book pour celui qui conduit.

 

Le premier CP (contrôle de passage) à Bar-sur Aube nous permet de faire une petite pause très appréciable. Beaucoup de spectateurs sont là, bravant la nuit et le froid, et nous sommes accueillis avec café et croissants.

Un coup de téléphone à l’assistance nous permet de les tenir au courant de notre progression pour qu’ils soient prêts au CH de Langres où nous avons prévu le changement de pneus.

Nous sommes dans les temps.

 

Langres : le pointage au CH est prévu à 23h41 et nous y arrivons vers 23h10.

L’assistance est en place comme des pros.

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Le Mitsubishi avec son gyrophare pour que nous le repérions très vite, le grand panneau avec  le n°313, les 4 pneus clous déjà positionnés. Je gare la voiture et la laisse entre les mains de notre équipe tandis que nous filons sous la tente des concurrents pour une bonne soupe chaude et quelques victuailles bien appréciables.

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Mon copilote garde bien en vue son chronomètre pour que nous ne loupions pas l’heure, que dis-je, la minute de pointage.

Nous revenons vers la voiture, déjà prête à repartir, avec ses pneus cloutés, son pare-brise et ses phares nettoyés, son niveau d’huile vérifié.

C’est reparti. Nous nous présentons au point de CH pile à l’heure et pointons dans la minute prévue !

Cool !!!

 

Prochain CH à Champagnole dans un peu plus de 3 heures.

Nous l’atteignons sans difficulté, mais dehors, le froid est de plus en plus glacial. Nous constatons finalement que le chauffage de la MGA est finalement assez efficace car nous nous y sentons au chaud.

Pas d’assistance prévue à Champagnole. La prochaine est au CH d’Annecy prévu  vers 5h30 du matin.

Cette liaison entre Champagnole et Annecy est un peu plus difficile. Le verglas fait son apparition, le froid atteint par endroit les -10°C et c’est la plage horaire la plus fatiguante. Nous essayons donc de nous relayer assez souvent.

L’option « pneus clous » à Langres nous avait été soufflée par Jean-Pierre car il savait que le verglas serait présent sur cette portion. Merci JP !!!

L’arrivée au CH d’Annecy se fait dans les temps. Heureux de voir Bernard qui a rejoint notre assistance, ainsi que Robin, le « traceur » du Rallye du Tour du Mont-Blanc, venu nous soutenir !

Encore un p’tit café, un croissant et nous repartons alors que le jour n’est pas encore levé.

 

Direction les CP de Saint-Pierre en Chartreuse et de Serres.

La traversée de la Chartreuse est absolument magnifique car le soleil se lève, faisant apparaitre des couleurs et des points de vue magnifiques. De quoi nous requinquer !

 

Nous pointons aux CP sans problèmes et filons vers le CH de Saint-André les Alpes, avec un point d’assistance un peu avant, à Château-Arnoux.

 

La MGA tourne à merveille mais nous devons garder un bon rythme car sur le papier, nous avons toujours l’impression d’avoir largement le temps de rejoindre les CH, mais dans la réalité c’est beaucoup plus juste.

Le point d’assistance de Château-Arnoux se passe bien ; Nous prévenons toujours notre assistance un peu avant pour qu’elle se tienne prête, avec le gyrophare, le panneau 313, … : huile, pare-brise, collations … RAS !

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En avant pour Saint André les Alpes.

Un appel téléphonique de Nicolas Legall (qui coure sur une MGB, avec le numéro  183) nous prévient que la gendarmerie a installé 3 contrôles de radar avant St André. 2 dans des villages et un dans une ligne droite 2km avant St André. C’est ça aussi le rallye : une vrai solidarité !

De toute façon, depuis le début, nous sommes très vigilants aux limitations de vitesse, mais vaut mieux être sur ses gardes.

Nous verrons le premier radar, extrêmement bien caché dans un bosquet à l’entrée d’un village.

Par contre, les 2ème et 3ème n’y sont plus … Mais ça s’explique …. Il est un peu plus de midi … c’est l’heure de l’apéro !!!!!!!!

Nous apprendrons plus tard que plusieurs concurrents ont été pris à une vitesse supérieure à 20km/h de la vitesse autorisée. Les gendarmes en ont alerté la direction de course et ces concurrents, en plus des points du permis et du PV, se sont vus exclure du rallye.

Ça ne rigole pas, mais c’est très bien ainsi !

 

Nous arrivons à Saint André les Alpes avec une vingtaine de minutes d’avance et un super accueil des membres du forum VHC Passion.  Ils sont là, les Manu, Andréa, Claude, GG, Nico, Michel, Jean-Claude, Christian, Walter, …

Après une longue nuit, ce type d’accueil nous recharge les batteries à bloc.

Ça fait d’ailleurs rire mon copilote car à chaque CP ou CH, je retrouve des forumistes qui viennent nous saluer et il a l’impression que je connais du monde partout ! C’est la magie du rallye et d’internet aussi !

Mais là, c’est vraiment LE CH du rallye à ne pas manquer. De délicieuses crêpes nous sont offertes par la charmante Andréa qui voulait prendre la place de mon copilote. Mais ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord ! Bon, tant pis, faudra que je dorme avec mon copilote à Monaco !!!

 

Un grand merci à tous pour cet accueil !

 

Maintenant, en route pour Monaco, avec un point d’assistance à Carros et la première ZR.

Nous arrivons à Carros sans encombre. Toujours dans les temps.

Une petite assistance rapide où les « papys » anglais du Team GB, dans leur Austin Healey, nous interpellent car ils sont (déjà) perdus.

Qu’à cela ne tienne, je leur propose de nous suivre pour les emmener jusqu’au départ de la ZR.

A l’Escarène, nous profitons de la zone d’étalonnage repérée dans le Road-Book pour recalibrer notre tripmaster. Une zone de plus de 6km qui permet d’être très précis. Nous constaterons d’ailleurs par la suite que notre étalonnage a été parfait.

 

La Montée vers Touët de L’Escarène est raide. LA pluie fait son apparition et se transforme en neige, avec des bourrasques,  dés le point de départ de la ZR.

Mais ça y est, nous rentrons dans le vif du sujet. L’adrénaline est au maximum, je suis chaud comme la braise et c’est parti !!!!

Une moyenne imposée à un peu plus de 47,5 km/h avec une succession  d’épingles, de virages parfois serrés … Là, vraiment je commence à m’amuser comme un fou. Certes, je n’ai pas une 2de et une 3ème courte, ce qui me fait perdre du temps dans les reprises, mais les passages des épingles est un plaisir intense. J’arrive un peu « vite », freinage, passage en 2de, l’arrière de la voiture chasse merveilleusement, dans super « mouvement de ses hanches appétissantes », les clous la stoppent parfaitement dans l’axe pour la remettre en droite ligne …. Le pied intégral …  Jamais je n’ai ressenti un aussi grand plaisir au volant !

Les bourrasques de neige ne facilitent pas la visibilité, mais il n’y a pas de pièges.

Jocelyn joue parfaitement son rôle de copilote, avec notre cadenseur que nous utilisons pour la première fois. Il ne semble pas du tout tendu par ma conduite ce qui me donne des ailes.

Nous finissons dans un frisson de bonheur.

 

Dans la descente vers Monti et Monaco, la neige se transforme à nouveau en pluie glaciale.

Nous arrivons à notre point d’assistance. Notre équipe est frigorifiée, enfermée dans les 2 voitures, le chauffage à fond. Il pleut vraiment des cordes et nous abandonnons l’idée de changer les pneus. D’autant plus que nous sommes assez justes au niveau du temps.

L’équipe nous redonnent nos sacs (quelque peu trempés d’ailleurs) et pars se remettre de cette longue nuit dans une villa que je leur ai trouvée à Cannes.

Nous filons vers Monaco où nous pointons dans la minute. La pluie battante a fait fuir beaucoup de monde sur le parc fermé. Nous garons la voiture et n’avons plus qu’un objectif …. Une douche chaude !

Mais avant, nous devons récupérer les instructions pour notre hôtel, ainsi que les cadeaux offerts par l’ACM aux concurrents, dont une magnifique plaque de calandre célébrant le centenaire du Rallye. Un objet magnifique !

 

Mais attention, nous sommes à Monaco, et ça ne rigole pas au niveau sécurité : nous devons remplir une fiche de renseignements complète à l’hôtel. C’est à peine s’il ne faut pas donner la couleur de nos chaussettes !

Enfin bref, nous rejoignons notre chambre au radar.

La journée n’est pas tout à fait terminée ……

Un diner est prévu dans l’hôtel, encore faut-il se changer. Et là, désespoir …… ! J’ouvre mon sac pour découvrir que la plupart de mes affaires sont mouillées (Patrick, la prochaine fois, prend un Pickup qui ferme hermétiquement !!!)

Me voilà donc pendant 1/2h, avec le sèche-cheveux, à faire sécher de quoi m’habiller pour le diner !

Comme me dit Jocelyn. C’est de la « baroude » jusqu’au bout !!!

 

Après un magnifique buffet, nous rejoignons vite nos lits pour une nuit réparatrice !

 

 

 

Episode 3 : Une journée au paradis

 

Dimanche matin, nous sommes tous les 3  (le pilote, le copilote et …… la voiture) en pleine forme. Le plaisir de la ZR de la veille m’a rendu encore plus impatient d’attaquer les prochaines ZR.

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La pluie s'étant arrétée, le public est revenu et nous participaons même à une petite sénace de photos avec 2 japonaises, mitraillant la voiture, nous demandant de poser avec elles, montant même dedans pour quelques photos de plus ... bref un bon moment de détente et de rires avant le nouveau départ.

Direction Tourette du Château.

Les infos que nous avons-nous préviennent que la ZR du matin a fait des dégâts à cause de la neige. Mais le beau temps est là. Nous arrivons au départ de la ZR sous un magnifique soleil. La neige est bien là, mais pas sur la route. Prudence quand même !

C’est parti pour 26km. Je lance la voiture sur le même rythme que la veille et je retrouve les mêmes sensations, le même plaisir. La route est par endroit très étroite et je dois rester sur mes gardes. Jocelyn est aussi en pleine confiance. Sur les bas coté, nous passons devant des concurrents bien mal en point. C’est d’abord une première voiture carrément sur un muret, puis une autre au fond d’un fossé, les 4 roues en l’air, une suivante arrêtée sur le coté qui a fait un tout droit dans la paroi rocheuse, une nième qui s’est pris un muret de face….

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Mais pour nous, la route est bonne, certes mouillées, mais peu glissantes car située principalement sur des versants Sud (et oui, il faut aussi prendre en compte ce type de paramètre qui influe beaucoup sur l’état de la route !). Nous ne nous déstabilisons pas de ces « épaves » et j’entends même; mon copilote dire avec humour, entre 2 annonces de temps :  «ben eux, au moins, ils seront derrière nous au classement !!! ».

 

La ZR se déroule très bien et nous enquillons la liaison vers la suivante qui est assez prés (Le Mas/Saint Auban) et assez courte.

Cette ZR est un peu plus délicate car située plus coté Nord, avec plusieurs passages abrités dans la forêt. Quelques plaques de neiges m’obligent à la plus grande vigilance.

Les clous remplissent parfaitement leur rôle et nous nous en sortons très bien et filons donc ensuite vers Dignes où nous attends notre assistance.

Au passage, nous croisons nos amis « chudistes » du Forum MG, Yves et Jidé, venus avec la MGA de Jidé que je reconnais de très loin avec sa couleur bleu.

Nous nous arretons 2 minutes pour les saluer avec un grand plaisir, mais nous ne trainons pas.

Le rallye n’est pas un rallye de vitesse, mais vraiment une course contre la montre, comme va nous le montrer la suite des évènements …..

 

 

 

 

 

Episode 4 : Une nuit en enfer

 

A Castellane, Bernard et Alain, avec la Subaru, nous attendent pour nous suivre jusqu’à Dignes.

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Nous devons garder un rythme soutenu car la route est encore longue jusqu’au CH de Tallard.

Mais 15 km avant Dignes, sur une ligne droite de la Nationale, j’enfonce tout d’un coup la pédale d’accélérateur dans le vide …. Verdict immédiat : câble d’accélérateur cassé !

Il est pourtant très récent, mais nous n’en sommes pas à l’analyse.

Heureusement, une petite aire de stationnement nous permet de nous garer sans difficultés.

Là l’assistance d’une autre voiture est présente. Nous faisons de grands signes à Bernard et Alain qui nous suivent.

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J’entends déjà la remarque de Jean-Pierre : « j’avais dit qu’il fallait mettre en place un 2ème câble prêt à être raccordé ». Je sais Jean-Pierre. Le câble neuf est là, mais le système de renvoi par tringle, sur la MGA ne rend pas la mise en place facile pour un câble de secours « en parallèle ».

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Bref, seule solution que je tiens d’une petite expérience, puisque ça m’est déjà arrivé au retour d’un autre rallye, utiliser un domino électrique pour rabouter les câbles. Mais il s’est cassé au ras de l’écrou de serrage. Il nous faut du fil de fer.

Entre temps, nous appelons l’assistance qui ne veut pas prendre le risque de venir car ils croient être à 20km et on risque de perdre trop de temps.

Faute de fil de fer, nous prenons un morceau de câble électrique pour faire notre réparation.

Ça à l’air de marcher et nous repartons pied au plancher vers l’assistance à Dignes.

 

Malheureusement, qques km plus loin, le câble électrique casse à sont tour.

Pas d’autre solution que de faire venir l’assistance qui rapplique en 4ème vitesse. Là, il faut être efficace et très organisé. Chacun son rôle.

Lionel, à qui on a expliqué le pb par téléphone, a préparé un morceau de câble d’accélérateur pour le raccord et plonge dans le moteur pour la réparation.

Patrick s’occuper de remplir de réservoir d’essence,

Marie-Claire et Rachel (venue rejoindre son homme pour 24heures) nous ravitaillent en sandwiches et boissons.

Jocelyn fait tous les calculs possibles pour voir le temps qu’il nous reste et comment on va se situer

Bernard assiste Lionel

Alain poursuit ses photos tout en surveillant la route car nous sommes vraiment dans la bande d’arrêt d’urgence de la nationale, et qui plus est dans un grand virage.

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Tic tac, tic tac, le temps s’écoule ….

Nous repartons au quart de tour, mais avons perdu toute avance et somme même en retard sur le rythme à tenir pour pointer à l’heure.

Je suis vraiment au taquet comme on dit, tout en faisant attention aux limitations de vitesse.

Mais c’est très chaud !!!

 

La montée par le col des Garcinets est très dure car la route est étroite, en mauvais état et ne semble plus en finir. Nous nous sentons assez seuls même si la nuit n’est pas encore tombée. Et puis impossible de rouler  vite sur cette route, que dis-je, ce chemin !!!

La nuit tombe, Tallard est encore loin et nous tombons vraiment dans la nuit noire.

Jocelyn fait un nouveau pointage. Si on maintient ce rythme, on devrait pointer à Tallard avec 15/20 minutes de retard. Ça devrait aller.

Heureusement, nous ne faisons pas d’erreur sur le parcours mais arrivée dans la grande ligne droite de la Départementale qui mène au CH …. Embouteillage monstre !  La tension est extrême. Ça fait 20minutes que nous aurions du pointer et nous sommes bloqués à à peine plus d’un km du CH.

Pas le choix : je m’engage dans l’étroite bande d’arrêt d’urgence, la main sur le klaxonne …. Ça va les voitures s’écartent et j’avance. Mais là, je tombe sur un os. Non, pardon, sur un bus. Trop large pour que je le double par la gauche. Je m’engage derrière lui, et regarde la voie d’en face. Rien à l’horizon. Je déboite, le double, mais au moment de me rabattre car une voiture arrive en face, je tombe sur UN CON !!!!! Mécontent de ce que je fais, il part dans des vociférations, me menaçant si je lui passe devant, et refuse donc de me laisser passer. J’ai pas le choix, une voiture arrive en face. J’insiste, rien à faire. Je suis sur les nerfs. Jocelyn me dit de me calmer un peu car avec ce genre d’énergumène (que je ne décrirais pas au risque de passer pour un raciste !)ça peut mal tourner.

 Je le laisse passer devant, mais les secondes courent, courent, courent ….

Heureusement, 300m avant le parking du CH, la bande d’arrête d’urgence s’élargit un peu. Je déboite donc à droite avec un grand coup d’accélérateur devant le connard (excusez moi, une semaine après il m’énerve toujours celui-là !) et m’engage à toute vitesse dans le parking. Nous pointons exactement à 30 minutes après notre heure théorique. C’est ce qui s’appelle friser la correctionnelle à tout point de vus. Nous comprenons que nous sommes les derniers car les commissaires plient bagages juste après notre pointage.

Pas le temps de chômer. Une gorgée d’eau, le temps que mon copilote reprenne ses esprits pour attaquer la prochaine ZR. Je m’aperçois à ce moment là que mon phare droit ne marche plus. Mais ce n’est pas grave, avec les codes et les antibrouillards, j’y vois très bien.

Nous rejoignons à vive allure le départ de la ZR.

Il fait un froid de canard dehors, mais une chaleur énorme dans la voiture …. !

 

C’est parti pour la ZR : Plan de Vitrolles/Col d’Espréaux/Col des Verniers …… 28km

Le démarrage est dur car la route est blanche en de nombreux endroit. Je suis obligé de calmer mes ardeurs au volant pour tenir la voiture. Nous décidons d’ailleurs de ne pas nous inquiéter de la tenue de la moyenne. L’objectif est de garder la route et la bonne route.

 

Mais nous sommes tous les 2 très tendus par la fatigue, par le temps qui s’écoule, par l’heure tardive et par la longue distance qui nous séparent encore du CH de Saint Nazaire en Royans.

 

Arrivés sur le plateau, nous allons commencer notre nuit en enfer !

Jocelyn suit le road-book et le tripmaster, mais au niveau d’un village dénommé Le Saix, il fait une confusion entre le km 22 et le km 28. Nous loupons la bifurcation au centre du village et filons tout droit.

En temps normal, avec lucidité, nous aurions du stopper net et prendre quelques secondes pour nous reconcentrer sur le parcours afin de nous remettre dessus. Mais la lucidité n’est plus là, nous nous attendons 2 ou 3 km avant de faire demi-tour. Nous retraversons le village, mais ne retrouvons pas nos marques. Heureusement, nous n’avons pas conscience des paroles que nous prononçons et qui en auraient fait rire plus d’un : « T’es sûr qu’il fallait rentrer dans Le Saix » « Oui fallait prendre à droite tout de suite après l’entrée du Saix » «  Bon faut qu’on sorte du Saix pour refaire le point et y rerentrer calmement » …. J’en passe et des meilleures ! Mais pour nous, l’heure n’est pas à la rigolade du tout.

Nous nous engageons dans une route qui semble correspondre aux indications du road-book, mais nous atterrissons dans une voie sans issue, sur une route enneigée, en pente et la voiture se plante !

Je peux vous dire que là, nous n’en menions vraiment pas large. AU loin, une porte s’ouvre dans la ferme où nous nous trouvons. Jocelyn lui crie : « vous avez vu passer des voitures ? »

« Vous êtes dans un chemin privé sans issue !!! »

Panique. Faut faire demi-tour dans la neige. Jocelyn sort de la voiture me guide en hurlant pour que je ne me mette pas dans le fossé qu’on distingue à peine et j’arrive tant bien que mal à faire ce « putain » de demi-tour (excusez-moi, y repenser me donne encore la chair de poule !)

Nous voilà repartis vers Le Saix où nous ne trouvons toujours pas la bifurcation.

Nous sommes PERDUS !!!

Je sens mon copilote complètement désarmés. Il ne sait plus où sont le Nord et le Sud, c’est l’horreur !!!

Une lueur de lucidité me fait m’arrêter. Je lui dis de prendre son GPS de son Iphone et de me trouver calmement l’endroit ou nous sommes par rapport à la carte que j’ai tracé. Un fois la localisation faite je lui demande de suivre très précisément la carte, avec la loupe, pour nous ramener sur le tracé rouge de la ZR sur la carte.

Nous en sommes loin mais nous y arrivons.

Il a du mal à se remettre dans le road-book et nous ne trouvons que très difficilement la sortie de cette ZR infernale !

Les commissaires sont encore là, inquiets de ne pas nous voir arriver. Ils nous croyaient perdus et s’apprêtaient à lancer quelques recherches.

Nous sommes un soupçon rassurés mais le temps nous a rattrapés depuis bien longtemps …. Nous fonçons donc vers Die où nous attend notre assistance.

 

Là, nous allons faire un véritable « arrêt aux stands de compétition ».

Je pile à l’emplacement que m’indique Lionel. J’arrête qd même le moteur par sécurité le temps que le plein d’essence soit fait en 4ème vitesse par Lionel et Marie-Claire tandis que Patrick nettoie le pare-brise. Nous restons dans la voiture, Jocelyn le nez dans le road-book, à 2 doigts de manger le chronomètre, et moi, les mains crispés sur le volant, attendant de pouvoir redémarrer.

GO !!!!

 

Mais là, nous allons commettre une erreur qui aurait pu nous couter extrêmement chère.

Vue l’heure, nous aurions dû zapper la dernière ZR et filer vers St Nazaire par la route la plus rapide, en prenant les pénalités pour ZR non effectuée, mais en pointant à St Nazaire avec le minimum de retard.

Cette erreur, nous la devons encore au manque de lucidité qui ne nous a pas permis d’analyser correctement la situation, l’heure et le règlement du rallye.

Bref, nous voilà engager, pied au plancher, dans le col du Rousset.

La route n’est certes pas mauvaise, et je la connais pour l’avoir faite une fois avec ma MGA. Mais un brouillard à couper au couteau de lève, m’obligeant à me mettre au milieu de la route pour ne fixer du regard que les pointillés blancs que je distingue encore sur une petite dizaine de mètres.

C’est long, c’est long, on va jamais y arriver.

Passage du tunnel, en haut du col. De l’autre coté, le brouillard est encore plus dense, je n’avance pas. A  Vassieux, départ théorique de la ZR, il n’y a bien sûr plus personne depuis longtemps. C’est le désert total.

Nous comprenons enfin que l’objectif est de rejoindre Saint Nazaire et de pointer coûte que coûte.

Nous téléphonons à Bernard et Alain qui avec la Subaru ont foncé à Saint Nazaire et leur demandons de faire patienter les commissaires qui s’apprêtent à plier bagages. Ils arrivent non sans insister à les faire attendre mais ils nous donnent 30minutes, pas plus, et là, va s’engager une véritable course contre la montre, car d’après Jocelyn, c’est un peu juste.

 

Heureusement, il est originaire du coin et connaît parfaitement chaque virage. Il va donc jouer un rôle de copilote absolument magistral où je ne vais conduire, non plus en fonction de ce que je vois sur la route (enfin quand même un peu !!!), mais en fonction des informations anticipées qu’il va me donner : « vas-y, tu peux accélérer, le prochain virage est un gauche très large ….. freine et passe en 2de, dans 100m c’est une épingle droite serrée …. Dans 200m tu auras une ligne droite de 500m où tu pourras accélérer ………. » et comme ça jusqu’à St Nazaire.

2 km avant, nous reprenons le téléphone et restons en ligne avec Alain pour qu’il fasse comprendre aux commissaires qu’ON ARRIVE !!!!!!!!

Je m’engage dans le parking et pile comme un fou devant les 3 commissaires restés là et que nous remercions vivement. J’ajouterai à mes remerciements une mention spéciale à Alain et Bernard qui ont joué ici un rôle capital !

DSC3002 DxO

Nous avons pointé à Saint-Nazaire et c’est le principal. Le commissaire nous confirme que nous sommes toujours en course et prévient Valence de notre arrivée.

 

Mais avant de repartir, il va se passer quelque chose d’extraordinairement émouvant.

Sur le parking, il ne restait plus que les 3 commissaires, Alain et Bernard, et je vois sur le coté, un jeune handicapé dans un fauteuil roulant accompagné d’un adulte (son père peut-être) qui lui explique qu’il a bien fait de rester pour voir la dernière voiture, le 313 enfin arriver. Cette image me touche. Je ne peux sortir de ma voiture mais leur fait signe de venir. Le jeune approche son fauteuil de la voiture, je lui tends  la main, il me donne la sienne et je sens qu’il est heureux d’être là, de me serrer la main. Il esquisse un sourire qui me fait comme un électrochoc. Cette poignée de main va rester graver très très longtemps dans ma mémoire je crois.

DSC3001 DxO

Reboostés par ce court moment d’une rare émotion, nous repartons pour Valence.

 

Mais notre calvaire n’est pas fini.

A Valence, le parc fermé est désert et le gardien hésite un moment avant de nous laisser rentrer.

La tente du pointage est pliée et pas âme qui vive.

Heureusement, nous apercevons les personnes de chez Tripy (c’est le système GPS qui est sur les voitures) en train de plier bagages.

Le responsable s’approche et nous lui expliquons notre situation.

Il est 23h31 et l’heure limite était normalement 23h34.

Mais les commissaires de Valence n’ayant pas été prévenus que nous étions encore en course, sont partis 10 minutes avant l’heure limite.

Je ne sais plus où je suis, dans un demi coma peut-être, mais je n’ai plus la force de réfléchir à quoi que ce soit.

Le responsable de chez Tripy nous explique qu’il va prendre notre carton, noter l’heure (même s’il n’est pas habilité à la faire) et le transmettre à la Direction de Course.

Entre temps, le site Internet de l’ACM nous a déjà déclaré hors course pour abandon, mais je ne ressens pour l’instant rien tellement je suis vidé.

 DSC3003 DxO

 

Nous rejoignons notre hôtel et mon cousin Marc, qui me suit heure par heure, m’appelle car il a vu la sentence sur le site de l'ACM. Il me rassure, me dit que je dois absolument dormir et que demain une bonne surprise peut toujours arriver.

Dormir, dormir, ….facile à dire, mais pas facile à faire car là, c’est le psychologique qui l’emporte sur le physique.

Je ne sais plus trop où je suis et je trouve encre un peu d’énergie pour écrire ces quelques mots sur le Forum MG :

« Suis bien trop fatigué et quelque peu atteint psychologiquement pour vous raconter cette journée.

Il semblerait que nous soyons déclarés dans les abandons, mais il y a une lueur d’espoir car le CH de Valence a fermé  avant l’heure limite de 23h34 et nous sommes arrivés à 23h31 (…).

Verdict demain, mais c’est peu probable que le comité de course prenne ça en compte.

Le soupçon d’idée claire qu’il me reste me fait dire que j’ai compris aujourd’hui ce qu’est vraiment ce rallye : un paradoxe infernal où vous ne voyez pas le temps passer alors que vous passer votre temps à le regarder s’écouler et c’est aussi un paradis en enfer ou un enfer au paradis (…) »

 

Le lendemain matin, mon copilote et moi-même n’avons pas échangé beaucoup de mots. Non pas que nous ne nous entendions pas, bien loin de là, mais nous étions tous les 2 abattus par la journée et la nuit précédentes et par cette abandon déclaré.

Nous nous habillons cependant comme si nous allions continuer (un peu machinalement d'ailleurs) et partons rejoindre le départ.

Nous cherchons un responsable des relations avec les concurrents, à qui nous expliquons notre situation. Il semble comprendre et nous met en relation avec un responsable de la direction de course à qui nous refaisons l’historique de la soirée. Pendant 15 secondes, il n’a pas dit un mot, sans nous regarder, comme s’il cherchait une solution, une réponse. Puis il nous regarde et nous dit : « Je dois voir le carton pour vérifier les temps. Si vs avez pointés à Valence avant les 30 minutes règlementaires, je vous remets en course. »

 Il nous demande de patienter pendant qu’il essaie de joindre le responsable Tripy qui nous avait pointés …. Les minutes les plus logues de tout le rallye !!!! Je sens que je vais craquer et quand il nous annonce que c’est OK, que nous pouvons repartir, je fonds en larmes. Oui je l’avoue … des larmes de joie, certes, mais surtout une soupape qui s’ouvre, lâchant toute la pression, la tension, le stress accumulés depuis la veille.

Il va me falloir une bonne demi-heure avant de reprendre réellement mes esprits. Même mon copilote m’avoue ne jamais m’avoir vu dans un tel état.

Ces 3 minutes, nous sommes allés les chercher avec nos tripes, à la limite de ce que l’on pouvait faire et nous en éprouvons un immense bonheur.

La première personne que j’appelle est mon cousin Marc, resté à Reims, mais qui nous suit de très prés. Il est dentiste. J’appelle à son cabinet et son assistance me le passe comme si elle me connaissait bien. « Marc, c’est Philippe au téléphone !!!!   …..  Je prends, je prends ».

Je m’excuse de le déranger en pleine consultation et il me répond : « c’est pas grave, t’inquiète pas, ça va intéresser aussi mon patient ! »

Je lui explique mon bonheur en imaginant son patient, la bouche grande ouverte, en train d’entendre notre conversation sur ce qui vient de se passer et sur la façon d’aborder cette nouvelle journée.

 

Après ce début de matinée extrêmement fort, nous nous reconcentrons sur la course pour attaquer l’Ardèche dans laquelle je pars confiant car j’en ai repéré une partie du tracé il y a 10 jours et nous devrions faire toutes les ZR de jour.

RMCH-2011 0982

 

 

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commentaires

Luc 07/02/2011 18:01


salut Philippe,
nous nous sommes rencontrés au CH de Bar-sur-Aube et j'aime bien ton récit, en n'oubliant jamais que nous sommes là pour apporter du rêve au plus grand nombre, et particulièrement aux plus
défavorisés, le classement devenant de ce fait secondaire...
Bravo à vous,
Luc (zebulon58)