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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 12:49

Parti pour faire la première partie de la Route des Grandes Alpes, et dans la foulée le rallye des Routes de Savoie … je voyais le programme de ces 3 jours sous de beaux auspices pour des paysages magnifiques ….

Mais voilà le récit plutôt épique de ce qui s’est finalement transformé en « Un taxi pour Tobrouk » où d’ailleurs je n’ai toujours pas vu Tobrouk !!!

Petit rappel du programme :

Mercredi soir : diner à Yvoire, en compagnie des protagonistes, que dis-je, des MG’istes du Forum MG avant le départ, le lendemain matin pour la Route des Grandes Alpes.

Jeudi : 1ère étape de cette Route mythique, jusqu’à ……………

Vendredi : 1ère partie de la 2èmejournée, avant de bifurquer vers Aix les Bains dans l’après-midi pour les vérifications administratives et techniques des Routes de Savoie

Samedi : Récupération de mon copilote et départ des Routes de Savoie

Jusque là, comme on dit, que du bonheur en prévision …..

MERCREDI :

RGA00

La journée de travail s’éternise et ce n’est que vers 19h que je peux enfin quitter le bureau pour rejoindre Yvoire.

Magnifique fin de journée sous le soleil, route sans encombre … mais déjà à la bourre car Yvoire parait prés sur une carte, mais il me faut quand même 2 bonnes heures. Enfin, un bon 110 sur l’autoroute ne fait pas peur à la voiture !!!

A Yvoire, les « chudistes » du forum MG (enfin disons ceux qui sont venu du Sud de la France) poursuivent tranquillement leur repas sur la terrasse de l’hôtel, au soleil couchant, avec une très belle vue sur le lac Léman. Je prends donc ce sympathique diner en cours pour déguster de délicieux filets de perches et passer une excellente soirée.

Bref, ce petit périple semble s’annoncer sous les meilleurs auspices !!!

 

JEUDI :

Après une très bonne nuit, nous nous retrouvons tous au petit déjeuner, toujours sur la terrasse et sous un beau soleil. Là, nous rejoignent les locaux du Forum.

Fixation des plaques et autocollants, distribution de road-book de la première étape et nous voilà partis.

Belle route à travers la vallée verte, temps idéal en ce beau matin de juin, température parfaite. Bref, le rêve pour rouler en décapotable, cheveux aux vents …. !

RGA09

Nous faisons quelques petits arrêts pour admirer certaines vues et pour rester groupés et là, premier évènement : la voiture devant moi perd sa plaque de rallye qui vole et manque de me décapiter au passage.

Je freine et m’arrête pour ramasser l’arme du crime alors que « l’assassin » ne semble pas s’être rendu compte de la chose !

Bref, nous traversons le village du  Reposoir, doublons quelques cyclistes téméraires à l’assaut du col de la Colombière ….

RGA08

Les virages s’enchainent comme je les aime, me rappelant d’intenses souvenirs hivernaux sur les routes du Monte-Carlo Historique. Il faut dire que depuis cette aventure, je n’avais pas réellement roulé avec la belle sur des routes montagneuses et le plaisir est vraiment là !

Un, deux, trois virages … le pied …. Puis ….. teuf teuf teuf …. Le moteur se met à tousser, plus d’accélération et en pleine montée, plus rien !!!

Pas de panique. Bernard qui me suivait s’arrête. Nous pensons que le tuyau d’arrivée d’essence jusqu’aux carburateur, touchant le moteur brulant, à pu provoquer un effet de bouillonnement de l’essence et décidons d’attendre un peu que tout ça refroidisse.

Mais rien n’y fait, impossible de redémarrer.

Avec Bernard, nous décidons de faire faire demi-tour à la voiture, ce qui, sur une route pas très large, avec un beau ravin sur le coté et une pente soutenue n’est pas chose aisée.

Une fois dans le sens de la descente, je monte dans la voiture et tente de la démarrer en descendant. Toujours rien.

Bernard croyant que le moteur était reparti, rejoint les autres qui n’ont pu s’arrêter au col en raison du monde et qui ont poursuivi. Pour ma part, je continue en roue libre jusqu’au village du Reposoir (il porte bien son nom celui-là !!!) ou j’arrive à me garer sur la place de l’église.

J’entreprends alors une inspection du moteur pour essayer de comprendre l’origine de cette panne subite. Il semble bien qu’il y ait un problème d’allumage.

Après une heure le nez dans le moteur, et alors que le temps commence à se détériorer, une dame passant par là me propose d’appeler son mari qui n’est pas loin et qui, retraité, possède quelques compétence en mécanique.

Me sentant quelque peu seul, j’accepte cette proposition avec plaisir ce qui d’ailleurs me redonne quelque espoir de voir le moteur repartir.

Son diagnostic confirme mes soupçons sur l’allumage. Nous branchons la bobine de secours que j’avais installée pour le Monte-Carlo, mais toujours rien.

Nous ouvrons l’allumeur et constatons que les vis platinées sont plus qu’usées, voire même piquées.

Qu’à cela ne tienne, j’ai un allumeur neuf dans le coffre. J’en extrais les vis platinées pour les installer sur l’allumeur de la voiture. Mais elles ne semblent pas parfaitement identiques aux autres et nous devons tenter de les adapter. Malheureusement, rien n’y fait, pas même le changement du condensateur.

La pluie commence à faire son apparition, l’après-midi est déjà bien entamée et mon bon samaritain s’excuse de n’avoir pas pu m’aider à trouver la panne. Je le remercie cependant de son aide et commence à envisager un dépannage.

J’appelle donc mon assureur qui fait le nécessaire pour m’envoyer une dépanneuse avant la fin de l’après-midi.

Mon ami Jean-Pierre et son neveu Robin, qui avaient mis au point le road-book de la première étape redescende chez eux vers Bonneville car ils ne devaient pas faire l’ensemble du périple.

Me voyant sur la place de l’église, ils s’arrêtent pour venir aux nouvelles. Je les rassure en leur expliquant qu’un dépannage est en cours pour emmener la voiture sur Cluses chez un garagiste qui la regardera demain matin et que je dormirai à l’hôtel à Cluses en attendant de voir comment la suite.

Le temps est passé en quelques minutes à l’orage et ayant laissé Jean-Pierre et Robin repartir, je me suis réfugié dans le café du village, quelque peu désert d’ailleurs, pour attendre la dépanneuse.

Je n’ai plus qu’une idée en tête : trouver la panne en espérant qu’il n’y ait pas de pièce à changer, pour pouvoir être opérationnel le samedi pour le rallye des Routes de Savoie avec mon copilote qui m’attend avec impatience. Un petit coup de téléphone me permet de l’avertir quand même de mes déboire, tout en le rassurant puisque nous ne sommes finalement que jeudi et j’ai donc un peu plus de 24 heures pour que tout rentre dans l’ordre.

Malgré cette météo noircie par l’orage, qui aurait pu me donner le cafard dans ce village du Reposoir, l’attente de la dépanneuse est agréablement animée par le passage du Rallye de la Coupe des Alpes, parti en début d’après-midi d’Evian. Aston Martin, Austin Healey, Ferrari, Porche et autres anciennes de prestige se succèdent sous mes yeux, me faisant un peu oublier mes déboires.

Je rigole même tout seul en me disant qu’à 2 ou 3 heures prés, j’aurais bloqué tout ce rallye dans la montée du col de la Colombière …

L’arrivée de la dépanneuse me fait revenir sur terre et pour la première fois depuis que je l’ai, je vois ma MGA monter sur un plateau pour être rapatrier dans un garage.

Tandis que je laisse la voiture à Cluses chez un garagiste, je pars trouver un hôtel non loin et me remets de cette journée intense en m’offrant une bonne croute savoyarde et un bon p’tit vin blanc ! Il n’y a pas de raison de se laisser abattre !!!

 

VENDREDI :

Après une nuit agitée, je suis debout aux aurores pour rejoindre au plus tôt le garage et connaître le verdict.

Le garagiste est débordé mais trouve un moment pour jeter un œil à ma pauvre voiture. Diagnostic clair : c’est la bobine d’allumage qui semble morte. Certes ce n’est pas grave en soi, mais allez trouver une bobine de ce type à Cluses ou dans les environs !!!

Heureusement, une lueur d’esprit me fait penser à Jean-Pierre, le MG’iste qui habite à Bonneville. Un coup de téléphone, quelques explications et 30 minutes plus tard, mon sauveur arrive avec une belle bobine (d’allumage !)

Le changement se fait en 2 temps 3 mouvement et voilà ma belle qui démarre au ¼ de tour. JE respire.

Il est midi, juste le temps de remettre mes affaires dans le coffre et en avant direction Aix les Bains.

Clé de contact, démarrage, coup d’accélérateur et ………….. pffffffffffff REBELOTTE !!!!! Plus d’accélération et redémarrage impossible.  Je peste ….

 Me voilà revenu au point de départ, seul sur le parking du garage, tout le monde étant parti déjeuner ….

Bon allez, restons zen, reprenons nos esprits et réfléchissons un peu. Si la bobine est bonne, ça doit venir du réglage de l’allumeur qui a été bien secoué. Je remonte donc mes manches et replonge dans le moteur pour commencer un réglage d’allumage. Une première pour moi !

Au bout d’une demi-heure, je la voiture démarre et accélère sans problème. Je me prends tout d’un coup pour un super mécano et quitte le parking avec soulagement.

Les 10 premiers km se passent sans encombre puis voilà qu’elle se remet à tousser, puis à caler ….

Je m’arrête, je reprends le réglage d’allumage … ça redémarre … 5km … rebelote … re-réglage … re-redémarrage … re-5km …. Re-calage …. Et ça va durer comme ça pendant plus de 2 heures.

Je désespère d’atteindre Aix les Bains, d’autant que la pluie fait son apparition. Je crois que je suis bon pour un nouveau dépannage (heureusement que j’ai une bonne assurance !!!)

Et là, alors que je suis sur le bas coté en train de mettre la capote, une voiture arrive et se gare devant moi. Un bon samaritain, me dis-je ! Et qui je vois sortir du véhicule … Jean-Pierre, qui la veille m’avait sauvé avec sa bobine d’allumage.

Une apparition. Je lui demande même s’il n’a pas mis un mouchard sur la bobine qu’il m’a prêtée … Mais le hasard fait bien les choses. Lui qui ne prend que très rarement cette route se trouve la par le plus grand des hasards.

Prenant le taureau par les cornes, il appelle son mécano qui accepte de venir chercher la voiture avec un plateau pour y jeter un œil. Retour donc vers Bonneville. Mais il se fait tard et l’analyse ne pourra se faire que le lendemain.

Mon bon samaritain me propose donc de m’héberger et je profite donc d’un agréable diner pour me remettre de ces 36 heures infernales.

Un coup de téléphone à mon copilote prévu pour les Routes de Savoie du lendemain me permet de l’avertir de mes déboires. Jean-Pierre m’ayant assuré que son mécano allait tout remettre en ordre rapidement le samedi matin de bonne heure et le départ du rallye n’étant que vers 11heures, nous convenons que tout reste jouable et que nous nous retrouverions au départ.

 

SAMEDI :

Debout 7heures. Jean-Pierre tente de me rassurer. Si son mécano n’appelle pas, c’est qu’il est déjà dessus …  8heures, 9heures … coup de téléphone. Le nouvel allumeur que j’avais est installé, avec un faisceau de 4L et ça tourne. Nous filons rejoindre le garage et j’essaie la voiture dans le quartier. Tout va bien ! Super … !

Je remercie mes 2 sauveurs et sous une pluie battante, je rejoins sans encombre Aix les Bains. Malheureusement, tous les participants ont déjà pris le départ et nous prévenons donc l’organisateur que nous rejoindrons les concurrents au déjeuner de midi pour prendre part aux étapes de l’après-midi.

Le temps de mettre en place autocollants et plaques de rallye sur le parking d’Aix, et nous voilà partie, avec mon copilote, direction le déjeuner à Saint-Hélène …….. !!!!!  (sur Isère)

60km sans problèmes. Certes, on entend un petit raté de temps en temps, mais de façon très très sporadique et sans que cela ne nous inquiète.

Nous arrivons dans les premiers au déjeuner. Il semble que l’étape du matin n’ait pas été facile pour les concurrents, avec des routes assez mauvaises, ce qui ne nous étonne guère, au vu de la météo !

RDS06

Les organisateurs décident même de réduire les moyennes prévues pour l’après-midi, par mesure de sécurité.

Je profite de la pause pour jeter un oeil à la pompe à essence, pensant que les quelques petits "ratés" entendus sur la route pouvaient venir d'une saleté dans le filtre. (j'ai déja eu ce problème !).

Mécano2 Mécano

Mais rien d'anormal de ce coté là. Tant pis, nous sommes quand même prêts à en découdre !!!!!!

RDS12

L’heure du départ arrive et les concurrents s’élancent alors un à un, toutes les minutes 

RDS13

Notre numéro élevé va nous faire partir dans les deniers, mais cela importe peu. Nous nous mettons dans la file, moteur au ralenti ……

Il reste 3 ou 4 voitures devant nous (et la même chose derrière d’ailleurs). J’accélère alors pour avancer et là …………………………… pffffffffffffffffffffffffffff ……. Plus rien …………… CA RECOMMENCE COMME LA VEILLE !!!!!

Faut-il que je l’aime beaucoup ma voiture pour garder le calme nécessaire et tenter d’analyser la situation.

Les concurrents situés derrière nous passent devant, des personnes s’approchent et chacun y va de son analyse …. Trop d’essence arrive aux carbus … l’essence est trop riche …. C’est un mauvais réglage …. C’est l’allumage qui s’est déréglé ….  Bref, y en a pour tout le monde …. Va faire le tri après ça !!!!!!

Bon, finalement, nous laissons tout le monde partir et tentons de faire quelques réglages … ça redémarre au bout de quelques minutes et nous décidons de suivre quand même le parcours du road-book. Tant pis pour le temps. 

Mais voilà que 3 km plus loin RE RE RE belote !!!!

Nous analysons la situation et considérons finalement qu’il n’est pas raisonnable de s’engager sur le parcours du rallye avec le risque de tomber vraiment en rade en pleine campagne.

Nous décidons donc de regagner tranquillement Aix les bains (une soixantaine de km). Je dis bien … tranquillement …. Mais la tranquillité de ce trajet va s’avérer être un parcours du combattant.

Tous les 3km, plus d’accélération … ça devient systématique. Nous tentons à chaque arrêt un réglage, nous patientons quelques minutes et arrivons à repartir. Mais c’est à chaque fois de plus en plus difficile, sans compter que nous ne choisissons pas les endroits où la voiture s’arrête …

C’est d’ailleurs ce qui va nous « amuser » car l’un de ces arrêts se produit au bord de la départementale, à l’entrée d’un petit chemin où nous nous retrouvons devant 2 ….. « spectatrices » de couleur « ébène » …. Que dis-je …. 2  « filles de joie » pour rester dans des termes de gentleman. Alors que mon copilote et moi-même nous penchons dans le moteur, ces 2 spectatrices, avec leur regard en coin, semble se demander si nous ne cherchons pas à leur faire le coup de la panne, ce qui sur le moment, nous amuse d’ailleurs.

Mais à l’arrêt suivant, nous en retrouvons 2 autres et là, notre amusement s’est quelque peu estompé car nous voyons plus loin dans le chemin une voiture qui s’apprête à en sortir et qui nous fait assez penser au « patron » de ces dames …  Comme nous bloquons le « parking clientèle » de ces dames, nous nous demandons si le « patron » ne va pas nous réclamer quelque chose …

Autant dire que j’ai, j’ai prié très fort pour que la voiture redémarre au plus vite …

Bref, nous poursuivons tant bien que mal nos sauts de puces et au bout de 3 heures, nous nous approchons de Chambéry.

Mais il commence à se faire un peu tard et la traversée de Chambéry m’inquiète. Après réflexion, nous décidons de jeter l’éponge.

Mon copilote contacte alors un ami sur Chambéry pour se faire conduire jusqu’à sa voiture restée à Aix et revenir me chercher pour que nous remorquions l’Anglaise.

En attendant son retour, je prépare la voiture à ce remorquage en fixant le triangle sur la malle arrière et en confectionnant 2 « phares » rouges car en 1962, les warning n’existaient pas ….. !

RDS11

C’est à la nuit tombée, et alors que la pluie commence à tomber que nous démarrons notre périple de remorquage … traversée de Chambéry, tunnel du chat, ….. Et en 2 heures nous atteignons Brégnier Cordon où nous attend un ami pour accueillir la voiture … dans sa grange !

Ce n’est qu’à ce moment là que je me suis vraiment senti soulagé, après ces presque 72 heures de rebondissement et de péripéties.

 

En fait, je crois bien que ma chère MGA s’est un peu vengée de ce que je lui avais fait subir au Monte-Carlo Historique. Mais je ne lui en veux pas, bien au contraire. Car avec 72 heures comme celles que je viens de passer, quelque peu éreintantes, voire stressantes parfois, j’ai l’impression d’être parti en vacances pendant au moins 15 jours.

 

Enfin, un bon check up complet va sans doute être nécessaire pour remettre la voiture sur pieds, que dis-je, sur roues.

J’avais promis à mon copilote une journée de rallye intense.

Même sans rallye, je pense que l’intensité de la journée a bien été réelle … et finalement, L’AVENTURE, C’EST L’AVENTURE !!!

Promis, pour le prochain rallye de régularité, elle sera opérationnelle et la place de copilote lui est réservée !!!

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